Jeudi 31 décembre 2009
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Plus de 12,5 milliards d’euros sont expédiés chaque année dans leurs pays d’origine par les travailleurs migrants africains. Les transferts vers le continent ont augmenté de 55 % depuis
le début du XXIe siècle. Les transferts financiers des émigrés vers leurs pays d’origine représentent une manne en constante augmentation. Dans certains Etats africains, ils dépassent
l’aide au développement et contribuent de manière décisive au revenu national. Une source de revenus fiable, en augmentation constante Car ces fonds constitueraient des sources
de financement plus sûres et plus stables que les investissements du secteur privé. Ce flux financier peut en effet représenter, pour certains Etats africains, jusqu’à 750 % de
l’aide publique au développement. Mais c’est au Nigeria que le phénomène à pris le plus d’ampleur. En effet, un migrant africain sur cinq est d’origine nigériane. Ainsi, au cours des
dix dernières années, ce sont quelque 17 milliards d’euros qui auraient été envoyés par les Nigérians en diaspora. Le Nigeria représente à lui seul 30 % des envois gérés par les
agences Western Union implantées en Afrique subsaharienne. Selon la Banque mondiale, plus de 2 milliards d’euros auraient été transférés vers le pays rien que pour l’année 2008. Dans le
cas du Cap-Vert, l’argent envoyé par les migrants alimente un quart de l’activité économique. D’après les estimations de la banque nationale du Ghana, l’argent envoyé par les
africains hors frontières équivaut à 20 % du montant total des exportations du pays. Cependant tous les migrants ne quittent pas le continent. Ainsi, 30 % du produit intérieur brut du
Lesotho est généré par les transferts d’argent effectués par des migrants proviennent d’un pays voisin, l’Afrique du sud, principal employeur de l’émigration interafricaine. Le
transfert de fonds représente la principale activité des établissements bancaires africains Ce marché en constante progression pousse d’autres réseaux bancaires nationaux à
prendre pour partenaires des sociétés de transferts de fonds. Ce fut le cas pour l’United Bank for Africa avec MoneyGram. Autre exemple avec la First Bank, titulaire de la franchise
Western Union au Nigeria, qui a ouvert plus de deux cents agences dans le pays avec comme activité principale la gestion de ces transferts de fonds. En outre, la firme américaine
Western Union, avec ses 15% de part de marché, est le leader mondial du transfert de fonds transfrontalier. L’Afrique de l’Ouest constitue l’un de ses pôles de croissance. Les transferts
financiers bénéficient au niveau de vie des africains Les ménages bénéficiant du transfert auraient un niveau de vie mensuel supérieur à la moyenne nationale. Les transferts
représentent plus de 50 % de leurs revenus pour le Maroc, les deux tiers pour le Mali, un peu moins de la moitié pour le Sénégal et les Comores. Cependant, si les transferts d'argent
sont vitaux pour les pays concernés, le continent n’a pas tout à gagner de l’exode de ses enfants. Car les migrants africains possèdent de nombreuses compétences financières,
techniques et intellectuelles. Un savoir-faire qui bénéficie presque exclusivement à l’étranger. Or, l’Afrique du XIXème siècle se doit d’exploiter correctement elle-même ses
ressources humaines et matérielles, afin de relever les nombreux défis qui l’attendent. Liens : site de Afrik.com
Par Biagui Kwadimanel BANDIAKY
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