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Google, Inc. (prononcé [gugœl]) est une société fondée le 27 septembre 1998 dans la Silicon Valley, en Californie, par Larry Page et Sergey Brin, auteurs du moteur de recherche Google. Google s'est donné comme mission « d'organiser l'information à l'échelle mondiale et de la rendre universellement accessible et utile ».
Début 2008, Google valait quelque 210 milliards de dollars à la Bourse de Wall Street. En 2009, Google affirme posséder 1,8 millions de serveurs contre 400000 en 2006[1], soit le parc de serveurs le plus important du monde avec des machines réparties sur 32 sites[2].
Google va créer une nouvelle version de son moteur de recherche appelée Caffeine[3].
Depuis 2001, Eric Schmidt en est le PDG (CEO). La société compte environ 20 000 employés dont la plupart travaillent au siège mondial : le Googleplex, à Mountain View, en Californie. En 2006, Google a acheté le site à SGI pour 319 millions de dollars.
Sur la période s'étalant de juin 2000 à novembre 2004, le moteur de recherche Google aurait indexé plus de 8 milliards de pages web, 1 milliard d'images. En 2008, Google annonce avoir identifié plus de 1 000 milliards de pages web[4].
Sommaire[masquer] |
En 1996, Google, alors baptisé BackRub, est le nom d'un projet scientifique sur lequel travaillent deux étudiants de l'université Stanford : Larry Page et Sergey Brin et qui concerne les moteurs de recherche. Ils imaginent qu'un logiciel qui analyserait les relations entre les sites web pourrait donner de meilleurs résultats que ceux donnés par leurs concurrents de l'époque, Altavista notamment.
Le nom de domaine « google.com » est enregistré le 15 septembre 1997.
Les deux étudiants recherchent des fonds pour créer leur entreprise. Ils renomment le projet Google, en référence au mot Gogol (voir ci dessous Origine du nom). Andy Bechtolsheim, un des fondateurs de Sun Microsystems, leur offre 100 000 $ après avoir vu ce dont était capable leur moteur de recherche. Grâce notamment à leurs familles et amis, ils arriveront à réunir 1 million de dollars et pourront lancer la société Google Inc. le 7 septembre 1998. Leur premier bureau sera un garage à Menlo Park, comme c'est souvent la tradition dans la Silicon Valley.
En février 1999, c'est 500 000 requêtes par jour que Google doit gérer, puis en août 3 millions. En mars, la société déménage à Palo Alto. Le moteur de recherche qui était jusque-là en version bêta, achève sa phase de test le 9 septembre.
Dès janvier 1999, la presse commence à se faire l'écho des performances de ce nouveau moteur de recherche. Le journal Le Monde écrit ainsi que le choix technologique de Google « s'avère très efficace à l'usage. Ainsi, une recherche avec les mots “Bill Clinton” sur Google renvoie d'abord au site de la Maison Blanche, alors qu'AltaVista ne fait apparaitre le site qu'après des dizaines d'autres références. »[5]. Autre avantage : Google affiche les mots-clés en gras dans le contexte d'une phrase pour chaque lien alors qu'Altavista ne fournissait à l'époque que les liens eux-mêmes.
En juin 2000, Google est le premier moteur de recherche à avoir référencé un demi-milliard de pages web. Google signe cette année-là un partenariat avec Yahoo! et commence à proposer de la publicité ciblée en fonction des mots-clés. À la fin de l'année, la barre d'outil Google (Google Toolbar) est proposée au téléchargement.
Larry Page et Sergey Brin font appel en mars 2001, à Eric Schmidt, le président de Novell, pour prendre la direction de l'entreprise. Le 4 septembre 2001, Google obtient la validation de son brevet concernant PageRank. Aujourd'hui Google est le premier moteur de recherche sur Internet, que 80 % d'internautes américains utilisent contre seulement 35 % de Chinois, qui préférent l'outil chinois Baidu.
La compagnie se spécialise dans la détection de petites sociétés jugées prometteuses et susceptibles d'être valorisées par une synergie avec ses activités.
En 2001, Google lance le service Google Catalogs.
En mai 2002 : Google lance Google Labs, le laboratoire des services et applications de la société. Le 12 juin 2002, Sergey Brin annonce officiellement à Paris l'ouverture de la filiale française. En décembre, lancement de Froogle, un service d'achat en ligne.
En février 2003 Google rachète Pyra Labs pour 9 millions de dollars, le propriétaire de Blogger, un service de création de blogs. Google gère au quotidien 200 millions de requêtes par jour, soit 56 % des requêtes mondiales. En mai, Google News est décliné en version francophone.
L'année 2004 marque pour Google l'apogée de sa domination en matière de recherche : 84,9 % des requêtes sur le web sont faites auprès de Google[citation nécessaire]. On peut expliquer cela grâce notamment à ses partenariats avec Yahoo, AOL et CNN. En effet, ces sociétés ont signé des accords pour que Google soit le moteur de recherche de leurs sites. C'est justement en février 2004 que Yahoo se sépare de Google pour développer son propre moteur de recherche. Cette année-là, Google lance Gmail et Google Desktop Search.
En août 2005, Google rachète Android, une start-up spécialisée dans le développement d'applications de téléphonie mobile.
En 2006, Google, tout comme les autres [6] moteurs de recherche, accepte de brider son moteur de recherche afin de mieux s'implanter en République populaire de Chine. Ainsi à dater du 28 janvier 2006, une recherche images sur « Tian’anmen » affiche dans Google.fr la célèbre photo d'un étudiant barrant la route des chars, symbole des manifestations de la place Tian'anmen [7], tandis que sur Google.cn les résultats affichent des portraits de familles joyeuses ou photos de monuments. Toutefois, une telle censure s'applique aussi à des sites racistes, islamistes ou révisionnistes dans les versions française et allemande de Google.
Au mois de mai 2006 Google lance GWT (Google web Toolkit) un outil qui permet de développer des applications en Ajax. Cet outil est passé en open source en décembre 2006. Il est au cœur de la stratégie web de Google.
Le 9 octobre 2006, Google rachète YouTube pour un montant de 1,65 milliard de dollars en actions, ce qui constitue la plus grosse opération d'acquisition de Google jusqu'alors[8].
Fin novembre 2006, Google ferme Google Answers.
Le 2 septembre 2008, lancement dans 100 pays du navigateur Web Google Chrome, logiciel Open source.
Un jour de 1938, le mathématicien américain Edward Kasner se demanda quel nom donner au nombre formé du chiffre 1 suivi de 100 zéros. Edward se tourna alors vers son neveu (9 ans) en visite à la maison et lui posa la question. Celui-ci répondit un mot enfantin : « un gogol », dont l'orthographe est devenue googol.
C'est ce mot que Kasner reporta fidèlement dans son traité Mathematics and the imagination, dont s'inspirèrent en 1998 Larry Page et Sergey Brin, quand ils créèrent Google. Par cette faute d'orthographe, Google à la place de googol, simple et facile à retenir deviendra célèbre dans le monde entier.
On peut aussi noter la similarité avec le mot anglais goggles signifiant "lunettes", dont les deux O de la marque rappellent la forme.
Google repose principalement sur l'exploitation de la technologie PageRank.
Le premier brevet (US 6.285.999 B1, intitulé « Method for Node Ranking in a Linked Database »), déposé en janvier 1997 et enregistré le 9 janvier 1998, est la propriété de l'université de Stanford[12], qui a licencié cette technologie à Google en 1998 (amendée en 2000 et 2003), deux mois après sa fondation. Il s'agit d'une licence exclusive jusqu'en 2011, l'exclusivité prenant fin à cette date[13].
Les recherches qui ont abouti au développement de la technologie du PageRank ont été financée en partie par la National Science Fundation (Grant NSF - IRI-9411306-4). Il est donc précisé dans le brevet que le gouvernement a certains droits sur cette invention[14].
Google vend des mots clés aux enchères. Si une personne fait une recherche avec ce mot, les liens des sites de ceux qui ont participé aux enchères s'inscrivent dans la partie des liens commerciaux. Chaque fois qu'une personne sélectionne un de ces liens, la société concernée doit verser une certaine somme à Google.
Un site web peut accueillir les AdWords sur ses pages grâce au système AdSense, Google reverse une partie de ses gains à ce site.
Le slogan de Google est « Don't be evil »[15] (littéralement, « Ne faites pas le mal »). Au printemps 2004, la phrase figurait même en tête du courrier adressée aux investisseurs, quelques temps avant leur entrée en bourse. Larry Page a écrit que « Par cette phrase qui est notre devise, nous avons tenté de définir précisément ce qu'être une force bénéfique signifie - toujours faire la chose correcte, éthique ». Cette devise résume assez bien la volonté supposée de Larry Page et Sergey Brin qui tend à faire de Google une société qui œuvre pour un monde meilleur[16].
La société a parfois été prise à partie sur son slogan, en particulier à propos du filtrage interdisant l'accès à certains sites ou à des pages contenant certains mots depuis la Chine. Elle a expliqué que, selon elle, mieux valait pour les usagers chinois un Google imparfait que pas de Google du tout. En particulier, google.cn veille à ne pas faire figurer sur ses pages de réponse les chaînes de caractères qui provoquent la déconnexion de l'utilisateur par les mécanismes de surveillance automatique que doivent assurer les fournisseurs d'accès.
Google est connu pour sa discrétion, voire son silence auprès des journalistes. Un exemple assez célèbre est celui de Mark Jen, un nouvel employé qui arrive chez Google le lundi 17 janvier 2005. Celui-ci crée alors un blog, retraçant ses impressions sur la société. Mais peu à peu, le ton du blog devient contestataire, Mark Jen allant même jusqu'à déclarer que « Les avantages que procure Microsoft au niveau des soins ridiculisent ceux qu'offre Google. ». Le 28 janvier, Mark Jen apprend son licenciement, à cause de son blog. Cet exemple illustre bien la volonté de discrétion de la société, les journalistes n'arrivant quasiment jamais à décrocher un entretien avec les deux fondateurs, Page et Brin[17].
Google est une des start-ups qui ont franchi sans encombre le krach du NASDAQ en 2001, notamment du fait qu'elle n'était pas cotée. L'entreprise s'est introduite en bourse par un système peu usité d'enchères en mai 2004 qui a comprimé de 5,5 à 1,5 % les commissions perçues par les banques d'affaires ; introduite à 80 $, l'action cotait 250 $ un an plus tard, ce qui valorisait l'entreprise à près de 74 milliards de dollars. Début 2006, l'action coûte 460 $ environ, elle franchit la barre des 600 $ (609,62 $) le 8 octobre 2007, puis celle des 700 $ le 31 octobre 2007, ce qui la place au quatrième rang en termes de capitalisation à la Bourse de New York.
Avec les différentes crises financières de fin 2007 et début 2008 sur les différents marchés financiers, et l'annonce d'un probable rachat de Yahoo par Microsoft, l'action Google a chuté passant de 712 $ fin 2007 à 609 $ en février 2008.
Le code de l'action au NASDAQ est GOOG.
| Année | 1998 | 1999 | 2000 | 2001 | 2002 | 2003 | 2004 | 2005 | 2006 | 2007 | 2008 | 2009 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| chiffre d'affaires | 4 | 22 | 78 | 212 | 440 | 1 466 | 3 189 | 6 139 | 10 674 | 16 418 | 21 810 | 16 979 (total des 3er trimestres) |
| bénéfices | 1 | 7 | 12 | 46 | 100 | 106 | 399 | 1 465 | 3 070 | 5 956 | 4 250 | 4 511 (total des 3er trimestres) |
| % | 25,00 | 31,81 | 9,58 | 24,72 | 22,73 | 7,23 | 12,51 | 23,72 | 28,76 | 36,28 | 19,49 | 26,57 (total des 3er trimestres) |
| Investissements et développements | 1 | 5 | 28 | 50 | 70 | 356 | 500 | 1 200 | 2 100 | 2 120 | 2 790 | 2 350 (total des 3er trimestres) |
| Employés (unités de base) | 20 | 128 | 364 | 596 | 1 257 | 5 495 | 8 763 | 12 369 | 15 213 | 19 856 | 20 222 |
Le 20 décembre 2005, Time Warner annonçait que Google allait prendre 5 % de participation dans le capital de sa filiale AOL[18].
La multiplication des services proposés par Google engrange une demande accrue de renseignements sur les utilisateurs : suivi de la navigation et stockage des mots-clés, scan des mails dans Gmail, des informations livrées dans les formulaires, entre autres. Cela pose à chaque innovation la question du respect de leur vie privée, comme le note la philosophe et philologue Barbara Cassin dans son ouvrage sur Google. Google croise ces données pour affiner le profil des utilisateurs, et améliorer le ciblage des publicités sur internet.
Une telle concentration d'informations sur les individus et leur conservation inquiètent les organisations de défense de la vie privée sur internet, comme l'Electronic Frontier Foundation [19] ou le "Groupe de travail de l'article 29"[20] de la Commission européenne, une nouvelle forme de surveillance très sophistiquée et un danger potentiel pour la liberté des personnes. Récemment, Google fut placé tout en bas du classement[21] élaboré par l'ONG Privacy International, qui dit de Google qu'elle est "ennemie du respect de la confidentialité en raison de la surveillance totale des utilisateurs".
En 2004, Google, associé à AOL, Amazon.com, CNet, eBay, Microsoft et Yahoo!, a pratiqué aux États-Unis du lobbying contre le Spyware Control Act en Utah obligeant de demander l'accord explicite de l'utilisateur pour activer des options de traçage de ses choix ou avant l'installation d'un logiciel espion[22]. Les raisons de leur opposition, selon eux, étaient d'ordre technique et non éthique : dans la lettre envoyée au sénateur Valentine et au représentant Urquhart, ils reconnaissent les "très bonnes intentions" de la loi[23].
Au sujet des éventuelles techniques de traçage employées par Google, Google Watch, site de l'activiste américain Daniel Brandt, tente de démontrer les failles et le manque de neutralité de Google et propose un proxy, Scroogle, permettant de soumettre une recherche Google sans être épié d'une quelconque façon. Il dénonce entre autres sa censure orientée, dans d'autres pays comme la République populaire de Chine[24], ou les États-Unis, concernant l'invasion de l'Irak et la prison d'Abu Ghraib.
À ce sujet, Google a dans un premier temps refusé de se plier aux injonctions du gouvernement américain fin 2006 en ne lui donnant pas accès aux listes de recherche et URL qui lui étaient demandées pour contribuer à une loi sur la répression de la pédophilie. Néanmoins, ils ont ensuite remis 50 000 URL au gouvernement, mais le juge chargé de l'affaire a décidé que Google n'avait pas à remettre les listes de mots-clés demandées par le gouvernement[25].
En France, les garanties de respect de la vie privée apportées par la CNIL ne sont pas applicables à des services dont les serveurs sont situés hors du territoire national. Le refus de Google [26] de se soumettre aux lois locales crée donc une extension de fait de la juridiction américaine.
En 2007, le chef du service expertise informatique de la CNIL juge ainsi : "En clair, Google peut contrôler toutes les données personnelles des individus. En exploitant de façon corrélées ces outils, Google pourrait se transformer en une redoutable société de surveillance. (..) Les internautes doivent savoir qu'en utilisant les services de Google, ils lui donnent la possibilté de les surveiller."[27].
Google Latitude est un service crée en 2009 permettant de déterminer la position d'une personne s'étant enregistré a ce service par le biais de son téléphone portable. En 2009, ce service est disponible dans 27 pays[28].
Ce service est sujet à controverse : on peut voir en Latitude un outil permettant de tracer les personnes, la vie privée peut donc être atteinte mais Google répond que cet outil a été conçu dans une autre optique : il permet par exemple de localiser des enfants[réf. nécessaire].
Google Books est un des projets annexes les plus critiqués de Google. Il consiste à numériser systématiquement le plus grand nombre possible de livres. Les critiques s'inquiètent de l'impact que la position dominante de Google peut avoir sur la numérisation des livres en général, et du traitement des droits d'auteur par Google (soit que la distribution internationale des versions numérisées violerait les droits dans certains pays, soit que la position de force de Google leur permettrait d'obtenir des concessions de droits jugées abusives).
À mesure que Google se développe et prend une importance de plus en plus considérable dans la gestion des informations mondiales, se développent en parallèle de nombreuses critiques d'une entreprise dont quelques hommes politiques (par exemple Jean-Noël Jeanneney[30]) craignent qu'elle puisse abuser de sa position, notamment en recueillant des données très privées des internautes utilisant ses services, et en les utilisant, voire en louant l'usage, de manière abusive. Un nombre croissant d'instruments informatiques a ainsi été développé par différents groupes d'activistes et de militants pour limiter les capacités intrusives de Google. Il s'agit par exemple de masquer les publicités AdWords.
Parmi ces instruments, on peut citer le réseau Tor (« The Onion Router », littéralement : « le routage en oignon »), qui anonymise les internautes (le résultat visible avec Google est que les publicités ne sont plus ciblées) ; le logiciel Scroogle, un "Google Scraper" développé par l'activiste Daniel Brandt[31] qui détourne le moteur de recherche, lui fournit une nouvelle adresse I.P. à chaque recherche, et accepte l’installation du cookie sur son serveur avant de le jeter à la poubelle ; ou encore l'extension pour Mozilla Firefox « Customize Google, » qui permet de rendre anonyme le cookie Google, et empêche Google Analytics de récolter des statistiques sur l'utilisateur. Par ailleurs, certains sites militant pour la défense de la protection des informations privées[32] donnent des informations sur la manière dont les internautes peuvent faire valoir auprès des régies publicitaires, et notamment auprès de Doubleclick (acquise par Google), leur droit d'exiger que les données les concernant ne soient pas récoltées (elles le sont par défaut, mais il existe un système d'opt-out).
La question de savoir s'il vaut mieux à volume égal se voir présenter de la publicité non ciblée que ciblée reste évidemment un sujet de controverse. Voir Spam.
bonne continuation